Au carrefour de l'économie du partage, de l'innovation numérique, de la recherche de compétitivité et de la volonté d'indépendance des Français, ce phénomène est une lame de fond qui va petit à petit impacter tous les secteurs de l'économie traditionnelle des services, y compris l'expertise-comptable

UBERISATION (nf)  : changement rapide des rapports de force grâce au numérique

 

Les experts-comptables doivent se poser la seule question qui vaille : celle de leur utilité !

À l'heure où la transformation est érigée en impératif, la profession comptable ne peut que s'appliquer à elle-même cette exigence de réforme et de mouvement. Elle en a l'habitude tant les évolutions réglementaires, la crise économique mais aussi la pression fiscale, sociale et administrative ont pu bousculer le modèle économique et les pratiques de la profession. Partenaires privilégiés des entreprises, notamment des TPE et des PME, les experts-comptables sont en situation de relever les défis du moment en se posant la seule question qui vaille : celle de leur utilité, celle des usages possibles et des bénéfices attendus par leurs clients par rapport à leurs services.

Les experts-comptables cherchent ainsi à se positionner en tiers de confiance, en partenaires conseils capables de contribuer à la création de valeur de leurs entreprises clientes.

 

Économie de la plateforme

Au cœur de ces évolutions, la révolution digitale prend deux visages. Elle constitue une partie des défis à relever tout en étant aussi une part importante de la réponse et des solutions à apporter. De nouveaux usages et de nouvelles attentes sont effet apparues. Les services délivrés on line, et souvent en mobilité, sont devenus interactifs, fondés sur l'échange voire  le partage, ils sont personnalisés, immédiats et consommés à moindre coût. Cette économie de la plateforme, et des services qui lui sont associés, ne pouvait que percuter l'activité traditionnelle des cabinets d'expertise comptable et particulièrement leurs relations avec les entreprises clientes.

Face à cette nouvelle demande, modelée par la culture digitale et par de nouvelles ressources numériques favorisant la dématérialisation et l'automatisation du traitement de l'information, un risque « d'ubérisation » est apparu.

 

Un risque grandissant de désintermédiation

À l'image de toutes les « ubérisations », celle de la profession comptable correspond au risque grandissant de désintermédiation (ou de nouvelles formes de médiation) entre le client et le service attendu. Avec pour corollaire, l'importante remise en cause des intermédiaires traditionnels du service comptable, sur fond d'automatisation de la gestion comptable et d'arrivée éventuelle de nouveaux entrants. Or cette nouvelle attente de connexion directe avec le service attendu n'existe  pas seulement du fait de l'apparition de « l'homo numéricus », elle est aussi rendue possible par l'insuffisante connexion des entreprises et des organisations  avec leurs usagers. Et de ce fait, elle recèle en elle-même sa solution pour les acteurs menacés d'ubérisation : se (re)connecter à leurs usagers et à leurs attentes. En utilisant justement la culture et les outils de la révolution digitale.

Les chauffeurs de taxis, mis sous tension et en concurrence par Uber, sont ainsi en train de repositionner leur offre et les services et outils qui lui sont attachés.  Le développement d'applications mobiles, de plateformes digitales d'interaction, constitue autant de formes de reconnexion et de digitalisation de la relation clients. En proposant notamment des services en ligne et de nouveaux portails collaboratifs, les experts-comptables ont l'opportunité de se reconnecter à leurs clients en répondant à leurs attentes en termes d'usage et d'utilité, à l'heure du digital.

Une offre de services personnalisée, adaptée aux besoins de chaque entreprise, peut ainsi être proposée. Ces nouveaux portails ont particulièrement développé l'interactivité de leurs plateformes et l'ergonomie utilisateur des interfaces. Fonctionnant en cloud, ils sont également adaptés au travail en mobilité,  autant celui des experts-comptables que des entreprises clientes et ce dans un espace sécurisé.

 

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Les experts-comptables peuvent ainsi « s'auto-ubériser »

En un sens, les experts-comptables peuvent ainsi « s'auto-ubériser » en retournant à leur profit les nouvelles exigences issues d'une révolution technologique et culturelle qui avait d'abord semblé menacer l'exercice de leur activité. Il existe, autrement dit, une contrainte à l'innovation qui peut se révéler vertueuse.

Ces nouveaux outils ne permettent pas seulement aux experts-comptables de gagner du temps dans l'exécution de leurs taches. Ils représentent, pour la profession comptable, l'opportunité de remonter dans la chaine de création de la valeur ajoutée. Car le temps gagné ne vaut pas en tant que tel : il permet surtout de substituer aux missions passives d'exécution des missions actives de conseil.

 

Changement culturel

Cette évolution n'est pas seulement technologique et professionnelle, elle porte aussi en elle un changement culturel. L'expert-comptable ne peut en effet, être réduit à un exécutant technique et pas davantage à un « sachant », détenteur d'un pouvoir provenant de sa maitrise de la complexité fiscale et réglementaire.

Il devient le partenaire d'un travail collaboratif qui délivre de la business intelligence à travers la collecte et l'analyse des datas mais aussi à travers les échanges et interactions avec son client. Il doit être également un vecteur de la transformation numérique des TPE et PME. Si la dimension de conseil trouve ses ressources et son impulsion dans l'outil digital, celui des plateformes et des interfaces, elle est aussi et d'abord une intelligence de la relation nourrie par l'expertise des hommes et des femmes qui la construisent.

L'expert-comptable doit devenir « Expert-Comptable Plateforme ».

 

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Source : Latribune

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